Selon les données du recensement de 2002, en Roumanie il y avait seize cultes reconnus par la loi et environsept cents associations dont l’Etat reconnaît le caractère religieux[1]. Après l’adoption de la Loi pour la liberté religieuse 489/2006, il existe dix-huit cultes reconnus par la loi. Sur une population de vingt-et-un millions de Roumains, l’Eglise orthodoxe roumaine est largement majoritaire, représentant 87% de la population du pays. Le deuxième culte est le culte catholique, avec 4,7% de catholiques romains et 0,9% de catholiques de rite oriental (gréco-catholiques). Les protestants et néoprotestants se trouvent en proportion de 3,4%. Les autres religions comptent ensemble environ 0,5% ; 13.843 personnes se sont déclarées sans religion et 9.271 athées.[2]
Pour présenter le contexte cultuel actuel, il nous semble utile de regrouper les cultes de Roumanie en cultes historiques, cultes néo-protestants, associations cultuelles et autres mouvements religieux.
Les cultes présents en Roumanie depuis plusieurs siècles et ayant une identité marquée par une tradition historique entrent dans cette catégorie. Nous sommes conscients des limites de ce critère, mais nous l’employons simplement pour des raisons de besoin d’outils de classification.
Les cultes historiques chrétiens sont ainsi : l’Eglise orthodoxe, l’Eglise orthodoxe de rite ancien, l’Eglise évangélique de confession augustane, l’Eglise unitarienne, l’Eglise évangélique luthérienne presbytéro-synodale, l’Eglise réformée, l’Eglise arménienne et l’Eglise catholique, cette dernière comprenant trois entités juridiques distinctes : l’Eglise catholique romaine, l’Eglise roumaine unie à Rome - gréco-catholique et l’Ordinariat arméano-catholique.
Les cultes historiques non chrétiens en Roumanie sont : le culte hébraïque et le culte musulman.
Nous avons présenté dans la toile de fond historique des éléments concernant l’évolution de l’Eglise orthodoxe. Nous nous contentons ici de présenter quelques dates actuelles.
L’Eglise Orthodoxe roumaine est organisée selon le principe métropolitain dans le cadre du Patriarcat Roumain.
Le Saint Synode est la plus haute autorité de l’Eglise orthodoxe roumaine. Il est composé du Patriarche, qui en est le président, et de tous les évêques en fonction.
L’Assemblée Nationale Ecclésiastiqueest un organisme délibératif central pour toutes les questions d’ordre administratif, social, culturel, économique et patrimonial. Elle est composée de trois représentants de chaque diocèse (un clerc et deux laïcs) désignés par les assemblées diocésaines respectives pour un mandat de quatre ans. Les membres du Saint Synode participent aux travaux de cet organisme avec vote délibératif.
Le Conseil National Ecclésial est l’organisme exécutif central du Saint Synode et de l’Assemblée Nationale Ecclésiastique. Il est composé de douze membres de l’Assemblée Nationale Ecclésiastique, à savoir un clerc et un laïc représentant chaque métropole du pays ; ils sont élus pour quatre ans.
L’Eglise Orthodoxe roumaine compte neuf métropoles : six en Roumanie et trois à l’étranger. En Roumanie, les six métropoles regroupent des diocèses et archidiocèses, avec 13.527 paroisses desservies par 14.513 prêtres et diacres qui officient dans 15.218 églises. Elle compte aussi 637 monastères avec plus de 8.000 moines et moniales.
Pour les Roumains orthodoxes qui vivent à l’étranger, il y a en Europetrois métropoles - qui comptent au total neuf diocèses -, et sur le continent américain il y a deux diocèses. Un autre diocèse existe pour Australie et la Nouvelle Zélande.
La formation théologique est assurée par trente-trois petits Séminaires, onze Facultés de Théologie d’Etat et quatre départements de théologie inclus dans d’autres facultés, comptant plus de 9.300 étudiants. Plus de 10.000 professeurs enseignent la religion dans les écoles publiques.
L’Eglise orthodoxe roumaine est membre du Conseil Œcuménique des Eglises (COE) depuis 1961 et de la Conférence des Eglises Européennes (KEK) depuis 1964. Elle participe également au dialogue théologique international, principalement avec l’Eglise catholique romaine, les Eglises protestantes et l’Eglise anglicane.[3]
L’Eglise orthodoxe de rite ancien de Roumanie est un culte séparé de l’Eglise orthodoxe, trouvant ses origines en Russie au XVIIe siècle[4]. Les fidèles appartiennent à une minorité ethnique appelée « lipoveni ».
Cette Eglise se considère comme étant « la gardienne des traditions de la vraie Eglise orthodoxe ». Elle est organisée comme une métropole. Son siège est à Braila ; elle a à sa tête un métropolite et trois évêques auxiliaires. Il y a environ 39.000 fidèles lipovens, organisés en trente-quatre paroisses, comptantcinquante-sept lieux de culte, trente-sept prêtres et deux monastères. Cette Eglise ne possède pas de système d’enseignement religieux.[5]
Ce diocèse est reconnu en tant que culte par la nouvelle loi 489. Il est dirigé par un évêque membre du Saint Synode du Patriarcat de Belgrad. Ce culte comptecinquante-six paroisses et cinq monastères. Il recenseapproximativement 26.000 fidèles.
Les cultes issus de la Réforme sont représentés principalement en Transylvanie et à Bucarest. Leurs fidèles sont en majorité des citoyens roumains d’origine hongroise ou allemande.
Elle est présente principalement dans le cadre de la communauté allemande en Transylvanie et nous trouvons ses origines historiques au milieu du XVIe siècle[7]. Le statut en vigueur aujourd’hui a été successivement modifié à partir du texte adopté en 1861[8].
A présent, ce culte comptedeux cents églises et quatre-vingt-dix-neuf paroisses avec quatre-cinq prêtres pour 11.203 fidèles[9]. Cette Eglise est dirigée par le Congrès Ecclésial Général et le Consistoire Supérieur. Le dirigeant de l’Eglise est l’évêque. Pour la préparation des clercs, elle dispose, au sein de l’Institut Théologique Protestant Unique de Cluj, d’un département spécial qui est implanté à Sibiu. Ses revues officielles sont le mensuel « Kirchliche Blater » et le bimensuel d’informations « Landeskirchliche Information ». L’Eglise évangélique de confession augustane est membre du Conseil Oecuménique des Eglises depuis 1961 et membre de la Fédération Luthérienne Mondiale depuis 1963. Elle est présente également dans la KEK (Conférence des Eglises Européennes) et développe des relations avec des organisations d’Allemagne.
Les relations privilégiées avec l’Eglise orthodoxe sont dues à la présence à Sibiu de la Métropole orthodoxe de Ardeal et de l’Institut de théologie orthodoxe[10]ainsi qu’aux relations privilégiées qui existent entre les évêques des deux Eglises[11]. Les professeurs orthodoxes et luthériens sont impliqués dans des activités scientifiques communes et il y a régulièrement des échanges de professeurs et d’étudiants.
L’Eglise unitarienne se distingue des autres cultes chrétiens par le refus du dogme trinitaire. Elle a été reconnue officiellement en Transylvanie en 1568 et a connu pendant son histoire plusieurs périodes de persécution. Les unitariens ont trouvé leur place dans le contexte religieux de Transylvanie ; c’est la raison pour laquelle cette province est considérée comme le lieu où ils ont pu vivre au mieux leur identité religieuse[12]. Ce culte a son siège à Cluj-Napoca et compte 66.846 fidèles d’origine hongroise, organisés en cent vingt cinq paroisses et trente-deux filiales, avec cent dix prêtres. Cette Eglise est dirigée par un Consistoire Suprême Synodal. Entre les sessions du Consistoire Suprême, les activités sont coordonnées par le Consistoire Ecclésial. Les prêtres sont préparés dans le cadre de l’Institut Protestant de Cluj. Ils ont aussi deux petits séminaires, intégrés dans l’enseignement d’Etat. Ils possèdent également une revue trimestrielle « Magveto Keresztény » et une publication bimensuelle « Unitarius Kozlôny ». L’Eglise unitarienne est enfin membre de l’Association Internationale pour la liberté religieuse (IARF) qui a son siège à Francfort[13].
Elle est composée de fidèles appartenant à la minorité hongroise et slovaque. Sa présence sur le territoire roumain date du XVIe siècle[14]. En 1877, les paroisses luthériennes hongroises sont entrées dans l’Eglise luthérienne de Hongrie. Après l’entrée de la Transylvanie dans le cadre du Royaume roumain, cette Eglise s’est organisée comme une Eglise à part. Elle compte actuellement environ 35.000 fidèles, en majorité d’origine hongroise, un petit nombre de fidèles slovaques et autour de deux cents fidèles de langue roumaine à Bucarest[15]. Le culte est dirigé par une assemblée générale et, entre les sessions de cette instance, par un superintendant entouré d’autres délégués des communautés locales, dans le cadre du presbyterium général. La préparation des pasteurs est réalisée dans un Département Evangélique Synodo-Presbytérien de l’Institut Théologique Protestant de Cluj-Napoca. Son mensuel « Evanghelikus Haranszo » est édité à Brasov. L’Eglise évangélique luthérienne presbytéro-synodale est membre du Conseil Oecuménique des Eglises, de la Conférence des Eglises Européennes et de la Fédération Luthérienne Mondiale.
L’Eglise réformée de Roumanie est une Eglise calviniste dont les fidèles sont principalement d’origine hongroise. Elle a été reconnue officiellement en Transylvanie en 1564. L’Evêché réformé de la Transylvanie (Ardeal) a été fondé entre 1570 et 1580[16].
Cette Eglise compte aujourd’hui environ 698.550 fidèles, répartis en deux diocèses, à Cluj et à Oradea. Elle détient environ mille lieux de culte avec sept cent cinquante prêtres, pour sept cent quatre vingt paroisses et cent quarante filiales. L’Eglise réformée a une structure d’organisation diocésaine et un organe général, le synode, composé de représentants des communautés locales. Les pasteurs réformés étudient à l’Institut Protestant de Cluj-Napoca, l’enseignement étant prodigué en langue hongroise. Un deuxième institut réformé fonctionne à Oradea et il y a plusieurs petits séminaires à Cluj-Napoca, Oradea, Aiud, Targu Mures, Sfantu Gheorghe, Odorhei, Targu Secuiesc, Zalau et Satu Mare. Ce culte a également deux écoles pour infirmiers à Cluj-Napoca et Targu Mures et une école de chantres et d’instituteurs.
L’Eglise réformée possède aussi plusieurs revues et maisons d’édition, les plus importantes étant « Reformatus Szemle », « Uznet », « Igehirdeto », « Reformatus Csalad », « Ertesito », « Harangszo » et « Partiumi Koszlony ».Elle est enfin membre du Conseil Oecuménique des Eglises et de la Conférence des Eglises Européennes, de l’Alliance Réformée Magyare et du Synode Consultatif des Eglises Réformées Magyares du monde entier[17].
Même si du point de vue canonique l’Eglise catholique est une seule Eglise, en Roumanie trois Eglises catholiques sont reconnues. Il s’agit de l’Eglise catholique romaine, l’Eglise unie à Rome et l’Ordinariat arménien[18].
L’Eglise catholique romaine possède un diocèse de langue hongroise en Transylvanie et deux diocèses de langue roumaine à Iasi et à Bucarest. Cette Eglise a aussi quatre Facultés de théologie et plusieurs séminaires. A l’occasion du recensement de 2002, les catholiques romains ont été comptés au nombre de 1.028.401[19].
L’Eglise roumaine unie à Rome, gréco-catholique, a été fondée en 1701 par l’Empire autrichien. Elle compte aujourd’hui environ 200.000 fidèles[20]. Elle est organisée en cinq diocèses avec six cent trente huit paroisses et près de sept cent prêtres. Cette Eglise dispose de deux cents lieux de culte et quatre-vingt sont actuellement en construction. Les prêtres sont formés au sein de trois Facultés de théologie. De plus, cinq petits séminaires et une école d'infirmières enseignent sous le patronage de cette Eglise, tout en étant intégrés dans l’enseignement d’Etat. Plusieurs revues sont éditées, dont les plus importantes sont « Viata Crestina », « Unirea » et « Desteptarea Credintei »[21].
A la fin du XVIIe siècle, les Arméniens de Transylvanie ont intégré l’Eglise catholique, mais c’est seulement par le Concordat de 1927-1929 que les Arméniens catholiques ont été reconnus comme un diocèse autonome[22]. Après 1948, cette communauté a cessé d’être reconnue par les autorités communistes, et a alors été intégrée en 1964 dans l’Evêché catholique romain d’Alba Iulia. Depuis 1991, cette communauté est reconnue comme « Ordinariat »[23].
On trouve des témoignages de l’organisation des premières communautés hébraïques sur le territoire de la Roumanie dès le XVIe siècle. A l’époque, les juifs, persécutés dans les pays voisins, se sont établis dans les pays roumains. C’est seulement à partir de1928 qu’il est possible de parler d’une organisation centrale des communautés hébraïques, dans le cadre de la Fédération des Unions des Communautés hébraïques[24].
En 1948, la communauté hébraïque a déposé des statuts pour une organisation en tant que Fédération des communautés mosaïques dont le siège est établi à Bucarest[25]. Les 6.179 membres de ce culte[26] sont organisés en 78soixante-dix-huit communautés, à Bucarest et sur trente départements. Les communautés les plus importantes se trouvent à Bucarest, Timisoara, Iasi, Cluj, Galati, Bacau, Arad, Baia-Mare, Botosani, Brasov, Deva, Tg-Mures. La communauté hébraïque est dirigée par une Assemblée générale, le Comité de direction et la Commission des censeurs. Aujourd’hui, en Roumanie ce culte compte six desservants. Sur le territoire roumain existent cent vingt quatre temples, synagogues et maisons de prière, mais seulement vingt-trois sont utilisés régulièrement. Ils disposent de 766 cimetières en 679 localités. Dans le cadre de ce culte, fonctionnent onze restaurants rituels, quatre maisons de retraite, et trois maisons de vacances. Le culte mosaïque édite un bimensuel « Realitatea evreasca » et détient une maison d’éditions :nommée les Editions « Hasefer ».
La fédération des communautés hébraïques est enfin membre des principales organisations hébraïques internationales, comme le Congrès Mondial Hébreu ou la Conférence Rabbinique Européenne et JOINT[27].
Les premières communautés islamiques stables se sont établies sur le territoire roumain aux XIVe et XVIe siècles, après l’installation de la souveraineté ottomane sur les pays roumains. Ces communautés se sont développées principalement en Dobroudja et le long du Danube. En 1877, elles ont été organisées en quatre Muftiate. En 1943, l’organisation a été réduite à un seul Muftiat situé à Constanta. Le supérieur de la communauté islamique est le Muftiu ; il élu parmi les imams. Le Muftiu est aidé dans la direction de ce culte par une Assemblée de vingt-trois membres. Cinquante communautés avec vingt filiales fonctionnent en Roumanie, dans les départements Constanta, Tulcea, Galati, et dans la capitale Bucarest[28]. A présent, le culte musulman compte trente-cinq imams et le nombre des fidèles se monte à67.566 personnes[29]. Le culte musulman gèrecent huit cimetières.
L’enseignement religieux est organisé dans le cadre du Séminaire musulman de Medgidia, dont le département pédagogique prépare les professeurs de religions[30].
Dans le langage en usage en Roumanie, les cultes qui puisent leur origine dans la Réforme protestante mais qui se sont constitués plus tardivement, aux XVIIIe et XIXe siècles, sont appelés « néo-protestants ». Le secrétariat d’Etat pour les Cultes précise, dans une présentation qui leur est réservée, qu’ils sont apparus en Roumanie essentiellement grâce aux missionnaires étrangers, les premiers convertis à ces courants étant les Roumains appartenant aux minorités allemande, hongroise et russe. Jusqu’en 1944, ces groupements évangéliques n’avaient pas de statut légal bien défini, mais ils étaient reconnus tacitement comme des associations. Entre 1942 et 1944, ces cultes ont connu une période de persécution directe ; les membres les plus actifs ont même été emprisonnés. C’est seulement en 1950 qu’ils ont été reconnus en tant que cultes.
Les cultes baptistes, pentecôtistes et chrétiens selon l’Evangile collaborent ensemble, et ils ont formé en 1990 l’Alliance Evangélique, une association ayant une personnalité juridique associative qui développe des activités à caractère missionnaire. Cette Alliance donne à ces communautés la possibilité de se présenter comme un mouvement évangélique unitaire. Cette association a fondéune radio avec des rédactions à Bucarest, Oradea, Timisoara, Cluj-Napoca, Suceava, et Sibiu.
Sa présence en Roumanie date de 1856, mais l’organisation effective du culte est postérieure à 1881[32]. La loi des cultes de 1928 reconnaît les droits obtenus par l’Eglise baptiste par la décision du Conseil des Ministres du 21 novembre 1927[33].
Toutes les associations religieuses ont été dissoutes par les lois 927 de 1942 et 431 de 1943. Ces lois ont été abrogées le 31 août 1944. Les statuts de l’église baptiste ont été approuvés par le décret du Président de la Grande Assemblée Nationale n°1203 du 14 novembre 1948, qui l’a ainsi reconnue comme culte.
Le recensement de 2002 compte 129.937 fidèles baptistes en Roumanie, 1.523 lieux de culte et trois cent soixante treize pasteurs. L’église baptiste compte deux Facultés de théologie, situées à Bucarest et à Oradea, intégrées dans les Universités d’Etat. Cette église dispose par ailleurs de petits séminaires à Bucarest, Oradea, Arad, Timisoara, Cluj, Resita et Sibiu, tous intégrés dans l’enseignement d’Etat. Elle a aussi trois écoles d’infirmières. L’Union baptiste édite la revue mensuelle « Crestinul Azi ».
Cette église est un mouvement évangélique apparu en Roumanie entre 1920 et 1924, ayant à la base deux jeunes théologiens orthodoxes[34]. Elle ne possède pas de hiérarchie ecclésiale. Au niveau central, existe un conseil des frères, ces derniers étant élus parmi les fidèles les plus représentatifs. Cette Eglise compte environ deux cent vingt lieux de culte et 19.000 fidèles. Elle édite aussi le bimensuel « Adevarul crestin ». Elle a noué des relations avec les mouvements évangéliques d’Europe et des Etats-Unis, mais considère qu’il n’y a pas, à l’étranger, de mouvement similaire ayant des origines dans la culture orthodoxe roumaine[35].
Ce culte est apparu en Roumanie en 1899 étantreconnu en 1933 comme association religieuse, et en 1946 comme culte.
Il est organisé en communautés locales, réunies dans l’Union des Communautés du Culte Chrétien selon l’Evangile et représenté par une Conférence générale. Ce culte recensequatre cent quatre vingt onze églises et cent dix-neuf filiales. Il gère un Institut Théologique Universitaire à Bucarest et quatre séminaires. Trente quatre associations et fondations fonctionnent sous sonpatronage.
Ce culte est venu en Roumanie des Etats-Unis, la première communauté roumaine étant mentionnée en 1922. L’association des fidèles pentecôtistes a été constituée en 1924 et a été reconnue en tant que culte en 1950[37]. Cette Eglise est dirigée par une assemblée générale qui élit tous les quatre ans le Conseil ecclésial et le Comité exécutif. La préparation des pasteurs se réalise dans le cadre de l’Institut Théologique de Bucarest et celle des catéchistes s’effectue dans le cadre de trois séminaires et deux écoles d’infirmières[38]. Cette église comptait 330.486 fidèles en 2002. Ce culte dispose de 1.343 églises et 7.879 filiales, avec 354 pasteurs. Son bulletin officiel est « Cuvantul adevarului ».
Le culte pentecôtiste entretient de bonnes relations avec les mouvements protestants des Etats-Unis et de l’Europe[39].
L’église adventiste du 7ème jour a été fondée en Roumanie en 1920, mais la première communauté s’est installée à Targoviste en 1870. Elle est reconnue comme culte depuis 1948.
En 2002 ont été recensées 97.041 fidèles qui déclarent appartenir à cette confession. Cette église dispose d’un campus universitaire, avec une Faculté de théologie pastorale, une autre de théologie - assistance sociale, enfin une de théologie - lettres. Elle gèreégalement plusieurs lycées confessionnels et organise les écoles du samedi pour une étude catéchétique plus avancée.
Plusieurs associations caritatives oeuvrent sous le patronage de cette église.
Les Témoins de Jéhovah se sont installés en Roumanie au début du XXe siècle et comptent aujourd’hui près de 39.000 fidèles[40].La reconnaissance de L’organisation des Témoins de Jéhovah n’a pas suivi la procédure classique : c’est la Cour Suprême de Justice qui a obligé l’Etat roumain à reconnaître l’organisation des Témoins de Jéhovah comme culte, après un procès controversé dont nous allons évoquer plus loin.
Selon la loi roumaine, il peut y avoir des associations à caractère religieux et des groupements qui peuvent déclarer leur caractère religieux sans avoir pour autant une personnalité juridique à caractère cultuel. La nouvelle loi sur la liberté religieuse prévoit la possibilité pour les associations qui présentent une stabilité et ont un nombre important des membres (300 minimum) d’être reconnus en tant qu’associations cultuelles et de bénéficier de certains avantages fiscaux.
Pour cette raison nous allons présenter les plus importantes associations à caractère cultuel sans tenir compte si elles ont obtenu ou non la reconnaissance officielle en tant qu’association cultuelle. Nous allons présenter aussi les plus importantes groupements religieux qui n’ont pas forcement une personnalité juridique.
Après 1989, conformément à la loi roumaine concernant les personnes juridiques, plus de 750 associations à caractère religieux ont été fondées. A partir de 2000, l’organisation des associations et des fondations est réglementée par l’ordonnance gouvernementale n°26 de 2000. La plus grande partie des associations sont fondées dans les cadres d’un culte reconnu. Nous ne mentionnerons ici que les principales associations et groupements qui développent d’une manière autonome une activité cultuelle.
L’association des adventistes du 7ème jour, le mouvement de réforme est un groupe dissident qui puise ses racines dans l'église adventiste du 7ème jour. Elle compte aujourd’hui autour de 4.300 fidèles.
L’association religieuse « Nazarineana » se caractérise comme étant une entité qui ne reconnaît pas l’institution de l’Etat, considérant en effet que l’Antéchrist règne dans toutes les institutions étatiques[41]. Cette association compte environ 6.000 fidèles, regroupés essentiellement dans deux départements de l’Ouest de la Roumanie, Bihor et Arad[42].
L’association des communautés Baha’i de Roumanie compte environ 6.000 fidèles. Elle a six centres territoriaux en Roumanie, sans compter celui de Bucarest. Elle reste discrète, organisant toutefois des campagnes de recrutement.
Les Mormons comptent près de deux milles membres organisés dans le cadre de l’association « Liahona ». Des missionnaires des Etats-Unis viennent en Roumanie pour la mission.
L’association des chrétiens néo-apostoliques compte environ dix milles fidèles. Sa présence est limitée à quelques départements de Transylvanie.
En plus des associations mentionnées plus haut, l’association chrétienne méthodiste et l’association presbytérienne de Roumanie ont chacune quelques milliers de membres ou sympathisants, présents dans quelques départements de Transylvanie[43].
Ces associations aspirent généralement à une reconnaissance en tant que culte.
Ces mouvements présentant un danger pour l’ordre public selon les institutions d’Etat spécialisées dans ce domaine[44].
L’opinion publique a également été sensibilisée par des journalistes, qui ont eux aussi attiré l’attention sur le danger des mouvements à caractère sectaire. Ils ont entre autres affirmé que la pauvreté généralisée fait de la Roumanie un territoire propice pour ces groupements[45].
Dans le département Hunedoara s’est ainsi installé un groupement appelé « Les Fils de la Lumière », fondé par Maytreya qui prétend être le fils de Jésus-Christ et pouvoir apporter aux hommes la guérison des maladies. Cette « secte » a attiré l’attention de l’opinion publique au moment où une jeune femme de 26 ans a été encouragée par ses membres à ne plus continuer son traitement médical, et en ne lui administrant que des infusions. Quelques jours après le début du traitement recommandé par les membres de la « secte », cette jeune femme est tombée dans une crise de diabète et elle est décédée. Les membres de la « secte » impliqués dans cette affaire ont été condamnés pour non-assistance à personne en danger[46].
Fundatia Româna Familia, enregistrée par une décision de première instance du Tribunal du 6ème arrondissement de Bucarest, s’est avérée être la représentante légale en Roumanie de la « secte » « Les Enfants de Dieu ». Ce mouvement attire les jeunes vers une sexualité libertine. Ses membres ont été plusieurs fois accusés pour chantage. Ils proclament la résurrection imminente des corps et plusieurs corps humains ont été retrouvés dans un état avancé de putréfaction. Un cas connu en Roumanie est celui de la localité Zaguieni, département de Caras Severin[47].
« Les Apôtres » est un groupement fondé en 1992 qui proclame la liberté sexuelle en attirant les jeunes vers des pratiques sexuelles en groupe. Ils ont une interprétation particulière de la Bible, considérant, par exemple, que l’Ecriture Sainte a été censurée par l’Eglise traditionnelle. Leur présence en Roumanie est répertoriée par le Service roumain des renseignements[48].
La « secte » Moon s’est manifestée pour la première fois en Roumanie en 1996, arrivant de la Russie[49].
La « secte » AUM est entrée en Roumanie par des missionnaires venant de Russie. A présent, ils ont deux centres à Bacau et d’autres dans les Carpathes[50].
L’organisation Ananda Marga est présente sur le territoire roumain, y organisant des cours de yoga et des actions caritatives. Elle a été fondée aux Indes en 1955 et développe entre autres des activités paramilitaires. Le Service roumain des informations la présente comme un réel danger pour la sécurité publique[51].
Les groupes du mouvement satanique se sont manifestés en Roumanie dans les années 1990. Ils ne sont pas considérés comme des groupements à caractère cultuel, mais peuvent être assimilés aux mouvements à caractère sectaire. Le Service roumain des informations considère que les mouvements sataniques ont atteint leur sommet en 1997 et qu’ils sont soutenus par le trafic de drogue. Ils sont maintenant considérés comme étant en régression. Des groupements appartenant à ce mouvement ont été identifiés dans sept départements du pays[52].
[1] Voir Stefan Ionita "Particularitati ale vietii religioase in România, o perspectiva administrativa", in Cultele si Statul în România, Editura Renasterea, Cluj-Napoca, 2003.
[2] Pour le tableau complet de la répartition de la population selon l’appartenance religieuse, voir les résultats du recensement de 2002 publiés par l’Institut national de Statistique, Bucarest, 2003.
[3] Pour cette brève présentation nous avons utilisées les dernièresinformations officielles sur l’Eglise orthodoxe Roumaine sur la page officielle du Patriarcat roumain : www.patriarhia.ro
[4] Voir Viata religioasa in Romania, Studiu documentar al Secretariatului se Stat pentru Culte, Editions Panidea, p. 54.
[5] La communauté des lipovens a depuis 1990 une revue bilingue Zorile qui présente la vie de cette communauté dans tous ses aspects.
[6] Cette Eglise est aussi connue sous le nom d'Eglise évangélique de la Confession d'Augsbourg.
[7] Pour comprendre les rapports entre les confessions chrétiennes en Transylvanie, voir Mihai Sasaujan, "Problema tolerantei confesionale în Imperiul Habsburgic în a doua juatate a seclului al XVIII-lea", in Toleranta si convietuire în Transilvania secolelor XVII-XIX, Cluj-Napoca, Limes, 2001, pp. 90-100.
[8] Pour approfondir quelques aspects liés aux relations entre les Protestants allemands et les Roumains en Transylvanie dans le XIXe siècle, voir Ioan Vasile Leb, "Interferente romano-germane în Transilvania secolului al XIX-lea", in Biserica si multiculturalitate în Europa sfarsitului de mileniu, Cluj, 2001, pp. 403-419.
[10] Dans le cadre du partenariat entre l’Institut de théologie évangélique luthérienne de Sibiu et les Facultés de théologie orthodoxe de Transylvanie, des programmes d’apprentissage de la langue allemande et des échanges théologiques ont été organisés.
[11] L’Archevêché orthodoxe roumain de Cluj a développé un partenariat privilégié avec l’Eglise luthérienne de langue allemande, avec des échanges culturels et théologiques à l’échelon national, mais aussi au niveau international. Voir Renasterea, Cluj, 9/1998.
[12] Le Professeur Adolf Maria Ritter, dans son étude "Antitrinitariennii din timpul reformei si problema tolerantei", publiée in Toleranta si convietuire în Transilvania secolelor XVII-XIX, Cluj-Napoca, Limes, 2001, pp. 44-54 affirme que les unitariens ont trouvé la liberté d’existence seulement dans deux endroits d’Europe : en Transylvanie et en Pologne. Si en Transylvanie ils ont toujours existé, en Pologne la Contre-Réforme les a contraints à disparaître. Voir Toleranta si convietuire în Transilvania secolelor XVII-XIX, Cluj-Napoca, Limes, 2001p. 46.
[14] Dans le cadre de la rencontre internationale « Tolerance and Life together in Transylvania in the European Context, XVIIth-XIXth century", organisée à Cluj-Napoca en 2000, ont été abordés les aspects les plus importants de la présence de différentes confessions en Transylvanie et leur cohabitation. Les documents de cette rencontre scientifique ont été publiés dans l’ouvrage Toleranta si convietuire în Transilvania secolelor XVII-XIX, Cluj-Napoca, Limes, 2001.
[16] Pour comprendre la situation interconfessionnelle en Transylvanie, voir Ioan Aurel Pop, "Etape in evolutia Bisericii si consfesiunii romanilor din Transilvania de la reforma la unirea cu Biserica Romei", et Paul Philippi, "Pluralitate in Istoria Transilvaniei". Ces études ont été publiées dans l’ouvrage Biserica si multiculturalitate în Europa sfarsitului de mileniu, Cluj, 2001. Pour comprendre les rapports entre les intellectuels de Transylvanie dans une perspective confessionnelle, voir Alexandru Moraru, "Personalitati transilvane in secolele XVII-XIX, pilda de convietuire si toleranta (Transylvanian Personalities from the XVIIth Century to the XIXth Century, Examples of Life together and Tolerance)", in Toleranta si convietuire în Transilvania secolelor XVII-XIX, Cluj-Napoca, Limes, 2001, pp. 101-116.
[17] Pour aller plus loin, voir Viata religioasa in Romania, Studiu documentaral Secretariatului se Stat pentru Culte, Editions Panidea, pp. 40-47.
[18] Nous n’allons pas développer ici des aspects d’ordre historique. Nous avons fait une présentation de synthèse dans la partie introductive et plusieurs ouvrages sont consacrés à l’évolution de la présence de l’Eglise catholique en Roumanie. Nous mentionnons ici, pour l’histoire de l’Eglise unie à Rome, Z. Pâclişeanu, "Istoria Bisericii Române Unite", in Buna-Vestire, Rome, n°3-4, juillet-décembre 1976, et Biserica Română Unită, Madrid, 1952. En ce qui concerne l’Eglise catholique romaine, voir K. Eubel, "Zur Geschichte der Römisch-katolischen Kirchen in der Moldau", in Römischen Quartalschrift, vol. I, p. 189, R. Rosetti, "Despre ungurii şi episcopiile catolice din Moldova", in Analele Academiei Române, 1905, p. 303, Iorga N., Studii şi documente cu privire la istoria Românilor, Bucarest, 1901.
[19] Voir les résultats du recensement 2002 dans Anuarul Statistic al Romaniei, 2003.
[20] L’Eglise gréco-catholique considère que le recensement de 2002 ne présente pas la réalité, et qu’il y a en Roumanie beaucoup plus de fidèles gréco-catholiques. Voir Le Rapport du rapporteur du Conseil économique et Social des Nations Unies, E/CN. 4/2004/63 Add. 2, p. 6 §17.
[21] Voir Viata religioasa in Romania, Studiu documentaral Secretariatului se Stat pentru Culte, Editions Panidea, p. 36.
[24] Voir Viata religioasa in Romania, Studiu documentar al Secretariatului se Stat pentru Culte, Editions Panidea, Bucarest, 1999, p. 70.
[25] Pour aller plus loin en ce qui concerne la présence des communautés hébraïques en Roumanie, et surtout son évolution après la deuxième guerre mondiale, voir les documents publiés dans l’ouvrage Minorităţi etnoculturale. Mărturii documentare. Evreii din România, Editions CRDE, Cluj, 2003.
[26] Conformément aux données statistiques publiées par Comisia Nationala de Statistica, Anuarul Statistic al Romaniei, 2003.
[27] Voir Viata religioasa in Romania, Studiu documentaral Secretariatului de Stat pentru Culte, Editions Panidea, p. 71.
[28] Pour mieux comprendre la présence islamique en Roumanie, voir Liga Islamica si Culturala din Romania, Islamul in Romania, manuscrit, 2001, document publié sur Internet, dont l’adresse est www.islam.ro . Nous avons contacté les répresentants du culte islamique pour pouvoir avoir des références des autres ouvrages qui parlent de l’évolution de la présence islamique en Roumanie. Il nous a été confirmé le fait qu’il n’y a pas d’ouvrages sur le sujet. Pour cette raison nous avons été obligés de présenter exceptionnellement comme source cette page. Pour observer une position orthodoxe des anées 1956 en ce qui concerne l’islam, voir Vasilescu E., "Starea actuala a Islamulu", in Studii Teologice, 5-6/1956. Malheureusement il n’y a pas d’ouvrages récents qui parlent de l’islam contemporain en Roumanie ou sur les relations contemporaines entre l’islam et l’Eglise orthodoxe roumaine.
[30]Viata religioasa in Romania, Studiu documentaral Secretariatului se Stat pentru Culte, Editions Panidea, p. 75.
[31] Voir Ioan Gh. Savin, Apărarea credinţei, Ed. Anastasia, Bucarest, 1996, et Diac. P.I.David, Sectologie, Ed. Sfintei Arhiepiscopii a Tomisului, Constanţa, 1998.
[32] Pour comprendre la présentation de l’évolution historique de l’Eglise baptiste, mais aussi pour avoir une idée sur la position des cultes néoprotestants sur l’histoire du christianisme, voir Popovici, Alexa, Istoria Anabaptistilor din Romania, Editura Bisericii Baptiste Roumaine, Chicago ; "A hundred Years of Baptist Life in Romania", Baptist Quarterly n°33, avril 1990, pp. 265-274 ; Andreiescu, V., Curs de Istorie a Crestinismului, Biblioteca I.T.P. Bucuresti, 1998. Voir aussi George, Thimoty, Teologia Reformatorilor, Editura Institutului Biblic Emanuel, Oradea, 1998.
[33] Voir l’article 53 de la loi des cultes de 1928.
[35] Voir pour les détails, Secretariatul de Stat pentru Culte, Viata religioasa în Romania, Bucarest, 1999, p. 50.
[36] Nous n’avons pas trouvé d’ouvrages présentant la présence pentecôtiste en Roumanie. Pour mieux la comprendre, voir Valeriu Andreiescu, Istoria Bisericii Penticostale din România, Institut de Théologie Pentecôtiste de Bucarest, cours manuscrit. Dans son ouvrage sur le culte baptiste en Roumanie, Istoria Baptistilor din Romania, Dr. Alexa Popovici considère que les pentecôtistes ont comme point de départ en Roumanie le mouvement baptiste. Cette théorie est infirmée par le cours mentionné ci-dessous.
[37] L'Evêque orthodoxe d’Arad, Grigorie Comsa, développe entre 1925 et 1937 une campagne d’information en direction des orthodoxes sur le danger des mouvements sectaires parmi lesquels est présenté le mouvement pentecôtiste. Voir, Grigorie Comsa episcopul Aradului, Noua calauza pentru cunoasterea si combaterea sectelor, Arad, 1925.
[38] Voir pour les détails, Secretariatul de Stat pentru Culte, Viata religioasa în Romania, Bucarest, 1999, pp. 63-64.
[40] La maison d’édition de l’Archévêché orthodoxe de Cluj a publié en 1996 un livre signé de Radu Antim qui expose la position orthodoxe face au prosélytisme des Témoins de Jéhovah. Voir Radu Antim, Societatea Martorii lui Iehova in contextul fenomenului sectar, Editions Renasterea, Cluj, 1996.
[41] Service Roumain des Renseignements, „Nocivitatea unor secte insinuate in ultimii ani in spatiul romanesc”, document presenté sur le site internet du Sevice roumain des informations a l’adresse www.sri.ro
[42] Voir Gabriel Andreescu „Relatii internationale si ortodoxie in estul Europei”, in Studii internationale, n°4 (2001).
[43] Voir Viata religioasa in Romania, Studiu documentaral Secretariatului se Stat pentru Culte, Editions Panidea,1999, p. 50.
[44] Service roumain des Renseignements, "Nocivitatea unor secte insinuate in ultimii ani in spatiul romanesc", document présenté sur le site internet du Service roumain des informations à l’adresse www.sri.ro .
[45] Voir "Romania invadata de sectele care anunta apocalipsa si promit, mantuirea", in Evenimentul Zilei, 8 septembre 2002.